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Au regard de l'évolution de la crise sanitaire, la Région Grand Est et l’Agence Régionale du Tourisme se mobilisent pour répondre à vos besoins et à vos interrogations. Laissez-nous vos coordonnées, nous vous rappelons dans les meilleurs délais.

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Collection Tendances
Un touriste recentré, relocalisé

En 2019, l’industrie touristique avait atteint son plus haut niveau historique. La crise sanitaire de la COVID 19 a donné un coup d’arrêt à cette évolution, elle a parallèlement, et de fait transformé les habitudes de consommation touristique.
Aujourd’hui, toutes les cartes sont rebattues. Les populations et les voyageurs ont totalement revus leurs déplacements et on assite à un recentrage, une relocalisation des publics.
Découvrons quels défis et enjeux la crise a soulevé et quels sont les impacts en termes de demande et d’offre touristique.

Défis et enjeux

• Relocalisation des consommations
Avant même la crise sanitaire, les consommations s’étaient recentrées, relocalisées, notamment dans le choix des filières courtes dans le secteur de l’agroalimentaire. Cette tendance s’est étendue à tous les secteurs d’activités. Ce phénomène est né de la prise de conscience écologique et s’est étendue par une prise de conscience éthique et économique.
La relocalisation des consommations a même devancé la relocalisation des productions.

• Recentrage social
Le recentrage s’est aussi opéré au niveau social du fait des conditions sanitaires mais aussi par le besoin des populations de profiter de leurs proches.

• Prise de conscience écologique
La prise de conscience écologique et l’impact de l’action de l’homme sur la nature et sa santé ont évidemment été amplifiés par la crise sanitaire.

• Besoin et volonté d’éthique
Le consommateur touriste est un acteur. Il comprend que ses actes d’achats et consommation ont des impacts. Il a soif d’éthique.

• Besoin de connaitre les producteurs
Le visiteur a envie de connaître les producteurs de ce qu’il consomme. Il veut échanger et ne plus consommer sans connaître l’histoire et le savoir-faire du produit.

• Opposition au tourisme de masse
Le touriste ne veut plus du tourisme de masse. Il veut du sur-mesure, de la rareté (nouvelle conception du luxe). Il veut vivre une expérience à sa mesure, sur-mesure.

• Confrontation à des situations inédites angoissantes de danger venues de loin
Le visiteur a été confronté à une menace qui venait de loin et qui est aujourd’hui proche de lui. Il recentre son périmètre vers ce qu’il connaît, ce qu’il lui paraît plus sûr.

• Modifications des repères habituels, un touriste déboussolé
Les repères du touriste sont détruits. Ses habitudes sont piétinées. Tout son environnement traditionnel est chamboulé. Le touriste est déboussolé à ce jour. Ses comportements seront peut-être totalement modifiés suite à cette crise.

• Rétrécissement des chemins des possibles à cause des confinements (réglementation et conditions sanitaire)
Les différents confinements ont porté atteintes aux libertés et ont rétréci le champ des possibles de la plupart des populations des pays développés, qui ne sont pas habitués à de telles restrictions.

• Autolimitation des séjours pour raisons sécuritaires
Les touristes ont limité leurs séjours de manière volontaire par peurs des conséquences sanitaires.

• Contraintes sanitaires sur les déplacements longs courriers
Les restrictions sanitaires sur les longs courriers sont présentes et ceci pour plusieurs années. Les comportements risquent d’évoluer surtout pour les personnes qui avaient l’habitude de voyager à l’étranger.

• Besoin d’enracinement et de redécouverte de son territoire
Les consommateurs ont besoin de retourner à leurs racines, de redécouvrir leur territoire pour se sécuriser de façon sanitaire mais également car ils souhaitent revenir à l’authentique et se rapprocher de ceux qui font leur territoire.

• Besoin de lenteur
La crise sanitaire a ralenti l’économie, bouleversé nos temps de travail, de loisirs, notre rapport au temps.

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Quels impacts sur la demande touristique ?

• Envies et besoins de recentrage vers la famille / les amis
La peur de la perte d’un être cher engendré par la crise sanitaire a montré la volonté de se rapprocher de ses proches, de sa famille et de ses amis. Les vacances durant la crise sanitaire se sont beaucoup déroulées dans le cadre du cercle familial et pas uniquement pour des raisons sanitaires.

• Recentrage vers des lieux de consommations locaux, les circuits courts
Les consommateurs et touristes se recentrent vers les lieux de consommations locaux, près de chez eux. Même si cette tendance avait déjà été opérée sur certaines catégories socio-professionnelles, les confinements les ont obligés à le faire. Ce recentrage des consommations s’est opéré à la fois sur les consommations du quotidien comme sur les consommations touristiques. Nous avons assisté à des phénomènes forts de staycation et de microvacances en 2020 et 2021.

• Retour vers le modèle « Small is beautiful »
Le modèle Small is beautiful correspond à des modes de consommation modérés, adaptés aux réels besoins de l’homme qui sont notamment guidés par la prise de conscience écologique. Le tourisme n’échappe pas à ce mouvement avec la restriction des séjours, la volonté de ne plus ou moins prendre l’avion, un besoin de tourisme éthique, plus respectueux de l’homme et de son environnement…

Small is beautifull

Small is beautiful a trois origines :

• Ce concept est tout d’abord le titre d’un livre de E.F. Schumacher (1973). Cet écris évoque une société à la mesure de l’homme : la sagesse, l’économie coopérative et responsable vis-à-vis de l’homme et de l’environnement et la non-violence.

• Ce concept appartient aussi au mouvement Colibris qui s’inspire de la philosophie de Pierre Rabhi et qui promeut un mode de vie plus écologique et solidaire dans leurs quartiers, leurs villes, leurs régions.

• Small is beautiful est également prôné par le mouvement des paysans sans-terres indiens Ekta Parishad,notamment à travers le concept Sarvodoya (penser au plus petit).

• Vers un touriste volontaire et impliqué qui reconstruit durablement son économie touristique locale
Les confinements et autres prises de conscience font émerger, ou réémerger des mouvements de préservation de l’économie locale et de ses richesses. Les greeters et autres groupes de locaux qui valorisent leurs territoires. Les chantiers de construction écologiques refont leurs apparitions en force. Le woofing repart en force : c’est un accompagnement pour que l’hôte aide son « visiteur » à franchir le pas dans le monde de l’agriculture et surtout à l’inclure dans des démarches éco-responsables.

• Recentrage vers le sens, l’éthique, l’essentiel
Les populations et les touristes se recentrent géographiquement, socialement mais aussi éthiquement vers l’essentiel. La crise sanitaire a décuplé ce phénomène. La crise sanitaire questionne les anciens modes de vies, de consommation et de tourisme.

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Comment adapter l’offre touristique à ces enjeux ?

• Transformer vos offres pour les locaux, les habitants
Les touristes ne sont plus là et les locaux reviennent en force ! Adaptez vos offres pour les visiteurs locaux. Communiquez auprès de votre nouvelle cible et adapter vos services, réinventer des découvertes, des nouveautés pour les faire revenir. Imaginez des offres fidélités !

• Diversifier vos offres et vos cibles visées
Vos clientèles habituelles ne sont pas là. Analyser celles qui sont venues depuis le début de la crise et réfléchissez à comment les accueillir mieux ou attirer plus fortement ces nouveaux profils.

• Impliquer les locaux dans la reconstruction touristique
Les populations veulent s’investir dans l’économie locale. Faîtes appel à eux pour promouvoir le territoire avant et pendant la venue des touristes. Impliquer vos populations pour améliorer vos offres de services et les diversifier. Impliquer les populations pour les faire échanger sur leurs secrets et enrichir l’expérience visiteur de votre territoire ou de votre site.

• Créer des réseaux et passerelles entre les acteurs touristiques locaux
Ne restez plus seuls. La mise en réseau est essentielle. Pensez à imaginer des offres globales avec des partenaires. Ceci augmentera l’expérience utilisateur et vos apportera des flux supplémentaires de voyageurs.

• Mettre en tourisme des lieux habituellement non touristiques : touristification du quotidien
La nouveauté réside dans la mise en tourisme, de lieux qui n’étaient pas forcément dédiés à l’activité touristique traditionnellement. Partez à pied à la rencontre de votre patrimoine et imaginez une mise en tourisme ludique, culturelle et avec les habitants !

• Mettre en place des plateformes de commercialisation pour les locaux
A l’image de ce que vous avez pu développer pendant la crise en digitalisant vos offres, rapprochez-vous des différentes plateformes de ventes en ligne pour apporter de nouveaux marchés.

Conclusion
La crise sanitaire a contribué à un recentrage des économies et des politiques.
Ce recentrage s’est aussi opéré au niveau des comportements individuels, une relocalisation sociétale et sociale et consumériste.
Un nouveau tourisme apparaît. Nous ne connaissons pas aujourd’hui l’ampleur et la durée des impacts de la crise en l’ampleur de la propension à revoyager. Nous savons seulement que des traces indélébiles résisteront sur plusieurs générations de voyageurs.
Si ce recentrage permet d’une certaine manière, un voyage intérieur, un retour vers l’essentiel et à ses valeurs intrinsèques, il est aussi synonyme d’enfermement et est à l’opposé de la définition même du tourisme…l’ouverture et la découverte de l’autre.

Sources :
• Micro-vacances: la tendance de l’année 2020 (foriri.com)
• Revue Espaces et loisirs Mars 2020 – Le locatourisme, une chance pour les destinations
• Revue Espaces et Loisirs Mars 2020 – Quand l’insolite fait “voyager” les urbains chez eux
• woofing.fr
• Rémy Oughin, Revue Espace n°355 « Pistes pour concevoir l’offre touristiques de demain »
• www.alternaweb.org
• Philippe Bourdeau, Revue Espace n°355 « Le tourisme face à ses limites en période de crise »
• Anne Fuzier, Christophe Gay, Sophie Landière, Revue Espace n°355 « Profitons de la crise pour inventer le tourisme de demain »
• Anne Gaubantt, Jérèmy Le Mariè, Claire Grellier Fouillet, Revue Espace n°355 « La crise du COVID 19, un changement stratégique pour le tourisme ? »
• BPI France « Les tendances majeures qui vont transformer l’économie »
• Chaire de Tourisme du Québec « Le livre Blanc du Tourisme 2021 »
• Séverine Portet, Le Mois des Tendances ART GE « Ce qui va changer après la COVID 19 pour le tourisme »

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