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    Eclairage sur l'avenir du tourisme par Prosper Wanner

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    Prosper Wanner gère une coopérative d'habitants dans les quartiers nord de Marseille, Hôtel de Nord. Il anime pour le Conseil de l'Europe, le réseau européen de la Convention de Faro....et il termine une thèse de doctorat en sociologie au sein de la plateforme touristique Les Oiseaux de Passage. Prosper Wanner nous éclaire sur sa vision du tourisme et les évolutions nécessaires à apporter.

    5 choses à savoir sur Prosper Wanner

    Confusion entre hospitalité et tourisme

    « Avec Hôtel du Nord, depuis 10 ans, j'ai eu l'impression d'essayer de faire rentrer des ronds dans des carrés… comment faire rentrer les envies d’hospitalité, d'accueil, de rencontres de l'autre dans des textes de loi, des cadres, des standards touristiques quand on est hors du cadre. »

    Prosper Wanner

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    Il y a une vraie confusion entre l’hospitalité qui désigne l’industrie du tourisme en anglais et le sens premier de l’hospitalité en langue latine.

    Dans les quartiers nord de Marseille, les personnes accueillent et voyagent souvent chez les amis, dans des réseaux mais en dehors de ce qu'est le dispositif classique du tourisme. En 2010, plusieurs se sont réunis pour développer une offre d’hospitalité marchande pour accueillir les personnes de passage dont les aidants, les salariés des zones franches et les vacanciers.

    Cela parait simple d’être hospitalier dans le tourisme mais les contraintes juridiques, fiscales, commerciales et numériques sont complexes. Bien qu’il y ait plusieurs définitions du tourisme, l’exercice du tourisme est très structuré, très standardisé et on ne fait pas ce que l'on veut.

    « Nous essayons d’inventer une autre hospitalité »

    Prosper Wanner

    Des indicateurs touristiques déficients

    Le tourisme documente très largement les motifs de voyage et, au niveau des indicateurs, le calcul des retombées économiques qui servent notamment au ciblage marketing.

    Mais, concernant tout ceux que l'on appelle les « autres » voyageurs, pour lesquels on est quand même sur des taux de croissance qui sont importants, il n’y a quasiment aucune donnée.

    Il y a 1 M de saisonniers dont les deux tiers travaillent dans le tourisme. Il y a les 260.000 travailleurs détachés, le demi million d’apprentis avec une politique de l'État proactive en la matière, il y a les 1,6 millions de stagiaires, les 2,5 M d’étudiants dont 350 000 sans places d’hébergements, les onze millions d’aidants, l’accueil d’urgence qui est saturé, … Tous ces autres voyageurs se retrouvent quelquefois à dormir dans leur voiture ou à demander du logement à des auberges de Jeunesse.

    Pour toutes ces personnes de passage, nous avons peu de données parce qu'ils ne rentrent pas dans la définition du touriste alors que paradoxalement, ils paient souvent la taxe de séjour. Ils sont souvent hébergés dans des hébergements touristiques. Les tarifs et les services sont parfois adaptés, sauf s'ils passent par les plateformes de réservation touristiques. Pendant la COVID par exemple, il a fallu accueillir les personnes en quarantaine, les infirmiers, les mises à l’abri. Plus récemment, cela a été les réfugiés ukrainiens, puis les saisonniers et maintenant les étudiants.

    Ce type d’hospitalité est très peu documenté, alors qu’en termes de besoins et de services adaptés, c'est important et même en termes de modèle économique pour certains hébergeurs. Pour l'avenir du tourisme, c’est primordial. C'est plus résiliant car cela permet de mixer les clientèles, de mixer les économies, mais cela demande de changer de dispositif. On ne peut plus être sur du calcul de prix automatique et les standards du seul confort. Beaucoup d'acteurs de notre réseau pratiquent cette hospitalité. La demande est de plus en plus forte. Si aujourd’hui, on ouvre un foyer de jeunes travailleurs, n'importe où avec même 1000 places, il sera rempli en 2 jours.

    Selon le rapport du Shift Project, les Français font en moyenne 6 voyages par an. Il y en a 1/4 pour les vacances, le reste concerne des visites de proches, des déplacements pour le travail ou d'autres motifs. Tout cela en fait n’est pas anecdotique. On se retrouve à avoir des cadrages et législations différents pour ces personnes de passage alors qu’elles font la même chose : voyager.

    « Ce sont bien des voyageurs toutes ces personnes-là, ce sont des personnes de passage et il faut les intégrer dans les statistiques. »

    Prosper Wanner

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    Tourisme et changement climatique

    Avec le seul changement climatique, le besoin d’hospitalité s’élevait selon les estimations de l'ONU à 250 M de personnes déplacées en 2030. L’ONU estime aujourd’hui que ce sera un milliard de personnes.

    Il y a parmi elles des personnes qui ont fait le choix d’acheter une résidence secondaire pour se mettre à l'abri en cas d'épidémie ou de forte chaleur, et puis il y a tous celles qui subissent. Cela veut dire qu'elles vont devoir se déplacer. Il va falloir anticiper la nécessité de bien les accueillir. En France, nous sommes déjà concernés par cette problématique.

    « On doit intégrer tout ça pour avoir des politiques d'hospitalité globale. »

    Prosper Wanner

    Réinventer le tourisme

    « Pour l’avenir du tourisme il faut arrêter d’essayer de maintenir le tourisme tel qu'il est. Il faut se réinventer. »

    Prosper Wanner

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    Le tourisme a été inventé après la seconde Guerre mondiale avec tout ce qui va avec la catégorie « touriste », le revenu management, la taxe de séjour, le code du tourisme, …Tout ceci a été pensé à une époque.

    Il faut s’appuyer sur des nouvelles pratiques pour inventer une hospitalité, l'accueil de tout le monde, même vis-à-vis des habitants.

    « C’est cela l’avenir de l’hospitalité, c’est réinventer l’accueil. »

    Prosper Wanner

    Le revenu management, une logique de discrimination tarifaire

    Le revenu mangement repose sur une logique de discrimination tarifaire qui a entrainé une montée en gamme générale dans le tourisme, même social. Quand on regarde les chiffres pour la France, le parc hôtelier 4 étoiles a triplé depuis 2009, on est passé de 10% à 25% des chambres. C’est pareil pour le camping, la restauration, les activités. Plusieurs études sur le tourisme social confirment que depuis une vingtaine d'années, l'accès aux vacances régresse en France alors qu'il n'avait pas cessé de progresser depuis la seconde guerre mondiale.

    Le low cost donne l'illusion que le tourisme s’est démocratisé. Mais en réalité, ceux qui utilisent le low cost ce sont les gens qui voyageaient déjà, qui voyagent encore plus.

    La montée en gamme du secteur du tourisme est un vrai changement. Aujourd'hui par contre, on commence de plus en plus à documenter l'impact de ce changement-là en termes d’impact foncier, d’impact social, d’impact sur les conditions de travail.

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    « Le revenu management a atteint ses limites pour moi c'est un des grands changements dans le secteur du tourisme et de l'accueil. »

    Prosper Wanner

    La montée en gamme a un impact direct sur l'environnement avec ses standards de confort et parce que les 2/3 des personnes qui vont dans les 4 et 5 étoiles sont originaires de l'International.

    Au niveau du confort, les conseils de l'Ademe sont à l’opposé des classements actuels : il faut des chambres plus petites et plus économes (climatisation…)…Or, le nouveau classement durable d’Atout France qui vient de rentrer en vigueur pour l’hôtellerie en avril 2022 est complètement à l'opposé et prend en compte ces problématiques seulement en matière d’équipements. Il continue à privilégier le privatif, l’exclusif, la grande surface et le suréquipement.

    Ce qui est étrange, c’est que la documentation sur ces sujets de préoccupation est extérieure au secteur touristique. Ceux qui documentent l’impact climatique ou social du tourisme aujourd’hui, ce sont essentiellement des collectifs de citoyens, ceeux qui dénoncent les conditions de travail, ce sont des femmes de ménages, ceux qui se battent, qui essaient de changer les règles, ce sont des élus d’autres secteurs.

    « On ne parle que de flux. Comment on gère les flux ? Comment les taxer ? Mettre des quotas ? Comment les responsabiliser ? Mais surtout, on ne s’intéresse jamais à la taxe de séjour, au standard ou au mode de calcul tarifaire, au changement de modèle…on reste sur des questions de flux. »

    Prosper Wanner

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    Changeons de modèle

    Les acteurs du tourisme sont prisonniers de cette gestion des flux. Ils s’intéressent qu’aux seuls effets du tourisme et non à leurs causes.

    On ne parle par exemple jamais des conditions de travail. On lance des plans de relance, on essaie de maintenir l'emploi, mais ils ne disent pas dans quelles conditions. La grande démission en est le symbole. Les travailleurs ne sont pas autour de la table comme les saisonniers et les habitants qui ne peuvent plus se loger.

    Le tourisme est l’un des seuls secteurs gérés par l'administration publique avec une aussi forte présence du privé. Mais les travailleurs et les habitants ne sont pas là, tout comme les autres voyageurs qui ne sont pas là aussi. Il y a une espèce d'entre soi qui renforce encore plus cette difficulté à penser l'avenir du tourisme et ceci que ce soit au niveau international, national ou local.

    « Les institutions publiques sont coincées entre leur rôle de régulateur et leur rôle de prosélytisme. »

    Prosper Wanner

    Ils ont du mal avec cette ambivalence, à savoir d'un côté, ils doivent promouvoir l’accueil de plus en plus de touristes et en même temps, ils doivent réguler.

    « Il faut inventer et non innover. »

    Prosper Wanner

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    Le secteur du tourisme n'est que dans une logique d'innovation. C'est-à-dire, il cherche à se changer du dedans, à se renouveler mais sans changer de cadre. Alors qu’inventer, c'est s'intéresser à ce qui est à venir, en devenir, hors cadre.

    L’exemple de Venise est flagrant. La ville veut faire payer l'entrée, on s'aperçoit bien que c'est encore une discrimination tarifaire. Cela revient à vouloir maintenir, voir renforcer le système actuel, sans reconnaître qu'il est basé sur la discrimination tarifaire et sociale et à essayer seulement de l’aménager.

    Or, il y a beaucoup d'acteurs qui essaient de pratiquer l’hospitalité autrement et qui rencontrent des difficultés. Dans les oiseaux de passage, on a essayé d’être interopérables par exemple avec les Channel managers, d’intégrer leurs standards. On s’est vite retrouvé dans la même logique de systèmes de calcul automatique des prix et du tri sur le niveau de confort. Mais qu'est-ce qu'on fait avec l’accueil des aidants ? Qu'est-ce qu'on fait avec les stagiaires ? Comment on leur fait des prix différents ? Comment peut-on négocier ? Qu'est-ce qu'on fait du partage de nos récits ? Du réconfort ?

    Malgré tout cela, il y a beaucoup de personnes dans ce secteur, qui aiment et veulent bien faire leur métier, qui ont conscience des enjeux écologiques et sociaux.

    « Pour le tourisme durable, c’est pareil. Il faut changer le système sinon on tourne en rond, on est bloqué. »

    Prosper Wanner

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    C’est ce qui nous a amené à l’Hôtel du Nord à créer la plateforme coopérative Les Oiseaux de passages. Il était devenu quasiment impossible de faire rentrer les engagements humains, écologiques, sociaux et culturels de nos communautés sur les plateformes publics et privées. Par exemple, pour les chambres d’hôtes d’Hôtel du Nord, en étant dans les quartiers nord de Marseille, nous avons été rapidement marginalisés.
    Tout le tourisme social, l'écotourisme, les territoires en transition partagent cette même problématique (accueil paysan, les parcs naturels régionaux …), c'est pour cela que nous avons lancé Les Oiseaux de passage qui est à la fois une plateforme de mise en relation et un organisme de recherche.

    Le voyage de demain

    La crise sanitaire a montré que le tourisme devait évoluer. Durant la crise, les hôtels du groupe ACCOR ont dû accueillir les malades en quarantaine, les infirmières … ils se sont aperçus qu'il fallait changer complètement leur plateforme, leur service, leur accueil et paradoxalement, le jour ou le business est revenu. Ils ont dit stop, ils sont retournés accueillir essentiellement les touristes.

    « Il faut discuter non pas seulement des effets mais des causes. »

    Prosper Wanner

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    Le philosophe Bernard Stiegler utilise le concept de pharmacologie pour analyser les technologies. Il indique que toute nouvelle technologie est à la fois un poison, un remède et un bouc émissaire. C'est bien le cas du tourisme. C’est à la fois un remède pour beaucoup de territoires, pour les relancer économiquement, pour susciter la rencontre…. On voit aussi que cela peut être un poison foncier, social, écologique ou environnemental,…. Et puis quelquefois, c'est un bouc émissaire commode, comme lorsque l’on va pointer du doigt le tourisme de masse comme à Venise, qui correspond aux voyageurs modestes.

    Il y a déjà une demande d’hospitalité et de voyager autrement, qui est forte.

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    Signaux faibles : la prise en main par les collectifs d’habitants

    Un signal faible qui grandit de plus en plus est la prise en main, l’implication des habitants dans les problématiques locales notamment liées à la location touristique courte durée.

    Dans plusieurs endroits en France, ce sont les habitants qui cherchent à mieux encadrer le tourisme comme en Bretagne ou au Pays Basque, ou à créer des alternatives. En Espagne, ce sont les femmes de ménages, les Kellys, qui ont proposé de développer leur propre plateforme avec des hébergements touristiques sans sous-traitance pour le ménage et dans le respect des employés. En Italie les habitants ont monté FairBnB, une alternative à AirBnB, avec comme règle un hébergement par habitant et une part de la commission qui finance des projets locaux.

    Des alternatives, des actions et des collectifs citoyens se montent hors du dispositif touristique. Ces initiatives sont portées aussi par des travailleurs du secteur qui veulent continuer à accueillir et qui veulent continuer à travailler dans ce secteur-là, mais dans de bonnes conditions.

    « Modifier le système touristique passe forcément par des efforts collectifs, par la loi et c'est forcément ensemble qu'on peut le transformer. »

    Prosper Wanner

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    C'est un signe, ADN tourisme, dans ses préconisations a inséré en septième position l'hospitalité des autres voyageurs.

    « Si jamais une pandémie revient, car la probabilité devient plus forte, il faut les anticiper et travailler sur de la résilience. La résilience passe par l’imagination d'autres standards, d'autres définitions des catégories de voyageurs, d'autres politiques fiscales. »

    « Le dispositif touristique ne peut pas continuer à ignorer ce qui est contributif, en commun, humain, tout ce qui est vivant, sensible, tout ce qui est non marchand. »

    Prosper Wanner

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    La montée des offres de séjour plus longue durée

    Les personnes de passage recherchent à entrer en relation avec des milieux, avec des personnes, avec des histoires, et c'est souvent cette promesse que l'on nous vend dans le tourisme.

    On parle d’expérience mais au final, les personnes se retrouvent à juste acheter en ligne une chambre bon marché. Ils ne rentrent pas en relation avec quelqu'un. A la fin, ils ne connaissent ni l'histoire du lieu, ni l’histoire de la personne.

    On voit aussi de plus en plus d’hébergeurs qui ont arrêté d’accueillir pour 2 nuitées et qui ne prennent plus que des longues durées du type une semaine minimum. En termes de qualité de travail, ils se sont aperçus qu'ils gagnaient peut-être un peu moins d'argent (plus les séjours sont courts plus la dépense est élevée) mais qu'ils ont retrouvé une qualité de vie et de relation.

    « L’instauration de durées minimales est pour moi un signal faible. »

    Prosper Wanner

    La réflexion sur l’hospitalité est en train d’être audible, de plus en plus, des autorités, des communes se posent les questions.

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    La montée de l’anti-tourisme, une alerte pour le monde du tourisme

    « Un signal faible à noter aussi est la montée sur les réseaux sociaux, de réactions ou d’articles anti-tourisme. On voit une radicalisation d’une partie de l’opinion contre le tourisme. »

    Prosper Wanner

    Cette radicalité s’installe car il y a un refus de discussion et d'échange. La radicalisation se voit des deux côtés. Ces signaux d’alerte, le secteur du tourisme devrait s’en saisir. Il devrait être content qu'il y ait des personnes qui réagissent, qui essaient de créer des alternatives. Parce que sinon, c'est l'inverse qui risque de se produire, il va se tuer lui-même. L’hospitalité, c’est la mise en relation, qu’interdisent aujourd’hui les plateformes touristiques. Aujourd'hui avec les plateformes, on doit d'abord passer par elles et payer pour entrer en contact.

    La mise en relation ne peut plus se limiter aux seuls critères du confort, de la géolocalisation et de la note. Les relations humaines, les créations artistiques, les reportages, les langues locales, la solidarité, c’est tout cela qui devrait être un déclencheur de réservation plutôt « qu’il ne reste plus que 3 chambres, cliquez vite ».

    Dans notre plateforme Les Oiseaux de passage, nous facilitons la mise en relation et nous essayons de réintégrer de la poésie. Le philosophe, Bernard Stiegler, reprochait aux développeurs en intelligence artificielle d’avoir oublié la poésie dans leurs calculs algorithmiques. Il existe pourtant des standards comme ceux des instruments de musique qui sont fabriqués avec des standards précis mais qui permettent à chacun de se singulariser, de jouer sa propre partition ou bien collectivement en relation avec d’autres, et d'inventer, de s'exprimer. C’est ce type de standards qu’il faut appliquer au tourisme. Des modes de calcul qui ne détruisent pas la poésie et la relation.

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    Pour que l’accueil des personnes de passage génère de la rencontre, de l'envie de voyager, de la solidarité, des rapports d'humanité… sur la plateforme Les Oiseaux de passage, nous avons introduit le son, les livres d'or, les récits de territoire, le contact direct, les langues locales, la mixité sociale.
    Cela représente une vraie marge d’inventivité pour tous les acteurs. Il faut changer de conventions de calcul, arrêter d’automatiser le calcul, pour s'intéresser à la qualité de la relation et à toutes les données non structurées, non calculées et incalculables, celles sensibles.

    « Il faut moins de datas et plus de poésie à travers les livres d’or, le son des voix, les récits de territoire. »

    Prosper Wanner

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    L'État promeut une numérisation encore plus forte de secteur qui renforce la compétition et nous empêche de nous singulariser. Dans les comparateurs, il faut que les offres soient comparables, standardisées.

    « On demande aux gens de choisir à travers des comparateurs. Nous, nous proposons à des communautés de faire des récits de leur territoire. Quand, on raconte l'histoire du savon de Marseille à Marseille, on présente une chambre, une balade, un livre… du coup les gens choisissent à travers un récit et non plus à travers un comparateur. »

    Prosper Wanner


    Interview de Prosper Wanner réalisée par Séverine Portet dans le cadre de la démarche Tendances et Prospective

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